Croyez-vous que les emplois de médecin, d'avocat et de bureau auront disparu dans cinq ans au profit de l'IA ? Les avis sont partagés
et les performances actuelles de l'IA suscitent le scepticisme
La course à une superintelligence nourrit nombre de spéculations sur les emplois qui pourraient disparaître au profit de l'IA dans un avenir proche. Les médecins, les avocats, la bureautique, etc. sont cités parmi les emplois les plus exposés à l'IA. Bien que cette classification fasse l'objet de controverses, certaines prédictions indiquent que dans un avenir proche, de nombreuses opérations chirurgicales pourront être réalisées par des robots dotés d'une IA. D'autres estiment que l'IA pourrait permettre à tout le monde d'avoir des médecins et des avocats gratuits d'ici à dix ans. Mais à quel point toutes ces prédictions sont-elles réalistes ?
La majorité des récentes prédictions sur l'avenir de l'IA annonce l'arrivée d'une intelligence artificielle générale (AGI) d'ici cinq à dix ans. Selon Goldman Sachs, l'IA pourrait automatiser 25 % de l'ensemble du marché du travail ; et les économistes, les employés administratifs et les avocats devraient être les plus touchés. La technologie pourrait remplacer les humains dans 46 % des tâches administratives, 44 % des emplois juridiques et 37 % des professions de l'architecture et de l'ingénierie. Au total, la banque déclare qu'environ 300 millions d'emplois pourraient être supprimés par l'IA dans les années à venir.
Vinod Khosla, investisseur d'OpenAI, le développeur de ChatGPT, pense que d'ici deux décennies et demie, nous aurons accès à des services professionnels gratuits et à des robots semblables à des humains grâce à l'IA. « Je pense que dans dix ans, nous aurons des médecins gratuits, des tuteurs gratuits et des avocats gratuits pour tout le monde », a-t-il déclaré. Plusieurs internautes partagent son avis, affirmant, par exemple, qu'une grande partie du travail d'un avocat peut être automatisée. Selon ces critiques, les avocats passent le plus clair de leur temps à analyser des dossiers et des jurisprudences pour faire des synthèses.
« Son travail consiste essentiellement à élaborer des accords qui garantissent que chaque partie a couvert toute question susceptible d'entraîner un litige à l'avenir. Il doit consulter des affaires et des jugements antérieurs afin d'adapter son dossier à ce qu'il pense être le résultat souhaité. C'est pourquoi l'IA est prête à prendre le relais. La jurisprudence en ligne est si abondante qu'un ordinateur peut traiter et trouver n'importe quel nombre de paragraphes sur un sujet spécifique. Elle peut aussi examiner les jugements des tribunaux et faire des suggestions sur la manière de formuler une clause particulière », a écrit un critique.
Il a ajouté : « l'IA peut faire un bien meilleur travail, beaucoup plus rapidement et pour un coût bien moindre. Les avocats auront du mal à convaincre les gens de dépenser leur argent lorsque l'IA offrira la sainte trinité du bon, du rapide et du bon marché ». Si certains partagent l'idée selon laquelle l'IA pourrait susciter des bouleversements majeurs sur le marché du travail, ils sont peu enclins à accepter le calendrier de 5 ans. Selon eux, les performances actuelles de l'IA ne permettent pas d'être si optimiste. ChatGPT a déjà induit des avocats en erreur en leur fournissant des jurisprudences erronées qu'il a lui-même inventées.
Les avocats n'ont pas vérifié les faits et ont maladroitement cité ces jurisprudences devant un juge. Ils ont été sanctionnés et l'utilisation de l'IA par les avocats a été soumise à certains contrôles. D'autres critiques pensent que l'IA ne pourra pas remplacer les avocats et les médecins pour plusieurs raisons, ni dans 5 ans ni à long terme. D'après eux, le scénario le plus plausible est que les médecins et les avocats seront amenés à collaborer avec l'IA. « En tant qu'avocat, j'ai du mal à imaginer un scénario dans lequel les barreaux des États permettraient à l'IA de pratiquer le droit, quelle que soit sa qualité », note un critique, ajoutant :
Des expériences sont en cours dans certains pays pour faire de l'IA un avocat, voire un juge. L'année dernière, il a été rapporté que la Chine prévoit de mettre en place une infrastructure d’IA pour soutenir le secteur judiciaire. L'initiative viserait à promouvoir l’intégration de l’IA dans les tribunaux afin d’améliorer l’efficacité des services juridiques. Une étude a rapporté que GPT-4 a obtenu un score de 297 à l'examen du barreau aux États-Unis. Selon les chercheurs, ce résultat place GPT-4 dans le 90e percentile des candidats à l'examen et est suffisant pour être admis à pratiquer le droit dans la plupart des États du pays.Les emplois d'avocats ne disparaîtront pas à l'avenir et ne seront pas remplacés par l'IA, et ce pour plusieurs raisons. Premièrement, la plupart des tâches juridiques sont intrinsèquement abstraites et ne peuvent pas être effectuées par une IA avancée reposant sur des techniques d'apprentissage profond.
Deuxièmement, l'emploi et les salaires des avocats ont en fait augmenté au cours des vingt dernières années, ce qui indique que la profession juridique a bénéficié des nouvelles technologies tout au long de son histoire. En outre, si l'IA peut réduire le coût de certains éléments du travail juridique, d'autres aspects du travail des avocats, tels que le jugement humain et la capacité à utiliser efficacement les prédictions des machines, deviendront plus précieux.
Enfin, la fonction principale des juristes est de faciliter l'autorité pratique du droit en interprétant et en appliquant la loi pour donner des raisons qui justifient les actions affectant les autres, une tâche que la technologie actuelle de l'IA est loin de pouvoir accomplir.
À ce propos, un critique note : « je vois très bien les avocats et les juges s'appuyer de plus en plus sur l'IA pour les aider à faire leur travail. Je m'attends à ce qu'une situation similaire se produise en médecine, où les médecins s'appuieront sur l'IA pour faire leur travail, notamment des outils intelligents destinés à la chirurgie et à d'autres tâches de précision. Les médecins seront touchés par l'IA, mais ils ne seront pas remplacés. Enfin, à l'avenir, les infirmières seront peut-être les moins touchées par tout cela. À terme, il y aura une intégration totale des produits humains et des produits de l'IA. C'est encore plus vrai pour la médecine ».
Les avis sont partagés sur la question du remplacement des avocats et des médecins par l'IA. Toutefois, tous semblent s'accorder sur le fait qu'une bonne partie du personnel de bureau pourrait être remplacée par les outils d'IA d'ici à cinq ans. Les employés du service clientèle, les réceptionnistes, les comptables, les opérateurs de saisie, et bien d'autres travailleurs pourraient être confrontés à des licenciements massifs dans les années à venir. Par exemple, la plateforme de commerce électronique indienne Dukaan a licencié la plupart des membres de son équipe de service client et les a remplacés par un chatbot d'IA.
Le PDG de Dukaan dit avoir constaté une réduction des coûts et une satisfaction accrue des clients. Il affirme que l'IA est meilleure, plus rapide, moins coûteuse et plus sûre dans la réalisation de tâches. Selon les répondants à la question, il est possible que ces emplois finissent par disparaître à long terme, mais les avocats et les médecins ne disparaîtront pas. « L'IA aidera les gens à mieux faire leur travail et sera peut-être le point de bascule qui rendra certains emplois complètement superflus. Mais en aucun cas, les emplois tels que les médecins et les avocats seront entièrement confiés à des machines », note un critique.
Il existe de nombreux risques liés à l'utilisation de l'IA, notamment sans la supervision adéquate. Récemment, un rapport a signalé que le chatbot d'une entreprise de livraison est devenu incontrôlable, insulte le client et critique son propriétaire en le qualifiant de "pire entreprise de livraison au monde". L'entreprise aurait imputé cela à une mise "erronée" du système et aurait désactivé une partie du service géré par le chatbot après l'incident. Il est important de noter que le chatbot s'est comporté de cette manière après qu'un client l'a incité à le faire.
Par ailleurs, des chercheurs du MIT ont publié récemment une étude selon laquelle les humains restent moins chers que l'IA dans la grande majorité des emplois. L'étude rapporte que l'IA ne peut automatiser qu'une partie de certaines tâches et le kit nécessaire est trop coûteux, du moins pour l'instant.
Et vous ?
Quel est votre avis sur le sujet ?
Les médecins et les avocats seront-ils remplacés par l'IA à l'avenir ?
Selon vous, quels sont les professions les plus exposées à l'IA ? Pourquoi ?
Les travailleurs de ces domaines risquent-ils d'être remplacés par l'IA dans un avenir proche ?
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