
Envoyé par
fatbob
Globalement, je pense qu'on est d'accord.
Peut être comme différence le fait que j'accorde plus d'importance au contexte pour expliquer (non pas justifier ou dédouaner) les comportements.
Au fond, je ne crois guère au libre arbitre.
Sans dire que tout est écrit, je pense qu'on est tellement influencé par notre trajectoire de vie (ADN, contexte familial, accidents, rencontres) qu'au final, les décisions qu'on prend dans une situation donnée en sont le résultat, sans qu'il y ait réellement d'alternative. Des fois c'est bien, et des fois, c'est pas bien.
Mais force est de constater qu'un enfant élevé dans une famille aimante habitant dans un petit patelin périurbain, qui fait du piano et hip hop a plus de chance d'être quelqu'un d'équilibré qu'un autre enfant, élevé dans un appart de 50m² avec 3 frères et sœurs, un père alcoolique et le reste du tableau qui va avec.
Évidemment, tout cela est caricatural. Il n'empêche que ce sera plus difficile pour le second d'être lui même un bon parent. Parce que non seulement l'ascenseur social fonctionne mal mais en plus, il n'a pas d'exemple sur lequel se baser pour lui même bien se comporter.
Quand au RSA... Dire "Faut mieux être au RSA et pouvoir passer ton temps libre avec tes enfants.", ça fera plaisir à ceux qui en bénéficient.
Avec un RSA on ne peut tout simplement pas éduquer des enfants correctement (ça représente la moitié du seuil de pauvreté, quand même, pas de quoi faire le malin). Le RSA, pour une personne seule, c'est déjà très compliqué. Pour beaucoup, ça veut dire dormir dans la rue. Alors élever des enfants...
> Tu ne peux pas critiquer ce système spécialement puisqu'en tant qu'occidental, tu as contribué à bien profiter pour augmenter ton niveau de vie.
Je vais me gêner...
Tout comme un Africain n'a pas choisi de naître dans un pays "exploité", je n'ai pas choisi de naître ici, dans un pays aussi cynique.
Alors peut-être que je suis moi même le produit intégré de ce pays mais je n'ai aucun moyen d'influencer réellement les choix qui sont fait. Je me contente d'éviter d'alimenter la machine par mes compétences. Tant pis pour la brillante carrière.
L'organisation politico économique mondialisée est tellement révoltante. L'homme est quand même incroyable. Il détruit tout sur son passage. Y compris lui même.
L'homme (blanc occidental surout, plus récemment les chinois) ne connaît que trois modes d'interaction : la compétition, la compétition, la compétition.
Être le plus riche, avoir le plus de pouvoir, gagner le plus de Rolland Garros, avoir une plus grosse voiture que le voisin, un meilleur job, un meilleur salaire. Ces types deviennent des modèles de réussite alors que la plupart du temps, ce sont des grosses raclures qui ont eu de la chance (ADN super favorable, héritage super favorable, relation super favorable, coup de bol super favorable...)
Et on voit le résultat. On laisse des types s'enrichir de façon complètement démesurée, ils investissent en demandant des rendements tels qu'ils saignent le monde industriel, nivelle toute la société par le bas (parce que, clairement, après une période faste dans la 2e moitié du XXe siècle, la classe moyenne est en cours de paupérisation).
Il a fallu une guerre mondiale, des luttes déterminées et un contexte favorable pour mettre en place un système vaguement solidaire, des services publics dignes de ce nom mais tout cela est en train de disparaître, rongé par la cupidité de quelques uns.
Comment, dans un pays ou le PIB par habitant est de plus de 44 000 $ peut-on accepter d'avoir 15% de la population sous le seuil de pauvreté ?
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